à lire, une édition spéciale en page "vie de brousse ".
Le 14 juillet 2008, à l'ambassade de France de Kinshasa, Martine recevra des mains de l'ambassadeur, la médaille de chevalier de l'Ordre du Mérite National, en présence de sa maman et de sa fille ainée Diane.
Dès leur retour nous vous ferons parvenir les photos de la cérémonie.
Pierrette, la maman de Martine et trésoriere de l'association "Ona Ele Ona ", ne partira pas les mains vides pour rejoindre Martine pour la remise de sa décoration. En effet, en plus des fonds récoltés par les élèves de Don Bosco, elle pourra y ajouter, l'argent récolté par la section SEGPA de L'Institution Ste Marie, les Maristes à la Seyne sur mer pour un montant de 158 e , récoltés lors d'un spectacle fait par les élèves.
Un don de 600 e, fait par l'église de Guétary, dans les Pyrénées, et une somme de 1000 e, offerte par le club féminin Kiwanis.
Martine en fera bon usage comme d'habitude, au vue des besoins toujours plus nombreux dans la région du Sankuru.
Merci à tous les donnateurs, et bon voyage à Pierrette et Diane.
Martine a été nommée Chevalier de l'Ordre du Mérite National en date du 17 mai 2008 pour son travail fait au COngo.
Les enfants de l'école Don Bosco à St Cyr (France ) se sont une nouvelle fois mobilisés pour aider les enfants du Congo.
C'est pour l'aide à l'éducation des mamans que les petits du CP et du CE1 ont mis en vente des briques en carton, pour la création d'une école, et les CM2 ont eux , mis à la vente des gâteaux pour participer à l'achat de fournitures scolaires pour les mamans
(les CM2)
les CP et CE1
.MARTINE AU CONGO n° 30
le2 juin 2008
On le rappelait dans le précédent N° de la Gazette , daté de fin Février, MARTINE a réintégré le CONGO en Janvier et sans retard s’est relancée dans ses œuvres .
Elle continue à s’occuper de ses orphelinats , ce qui implique la réalisation des provisions et pour Lubefu , leur livraison à temps , les enfants étant très dépendants des produits apportés par Martine .Les problèmes liés dans le tiers monde , à la hausse des prix n’ont surchargé le budget de Martine que pour les carburants qui ont pratiquement doublé et atteignent maintenant pratiquement ceux de France ; en ce qui concerne le riz et le manioc base de l’alimentation des petits , le pays est quasiment auto-suffisant A condition de limiter le nombre des voyages vers LUBEFU ,et de bien charger le 4X4 de Caritas , tout doit bien se passer. Martine s’emploie donc à mieux organiser ses voyages pour les rendre moins gourmands en essence.
A chaque communication téléphonique , on fait égrener par MARTINE chacune de ses actions ,elles nous paraissent souvent les mêmes, mais le nom des villages où elle se rend sont différents et plus difficiles à retenir , les kilomètres et le temps passé sur sa moto s’allongent , et le matériel de « camping » ( matelas autogonflant et sac de couchage ) qu’elle a ramené de son dernier voyage en France est plus souvent utilisé.
Elle a repris ses contacts avec les bénéficiaires des étangs de pisciculture financés par le ROTARY de Grenoble, ils ont parfaitement compris ce que l’on attend d’eux , et lancé la création et l’entretien de ce qui va bientôt favoriser l’équilibre alimentaire sur des espaces de plus en plus étendus.. Les étangs seront alloués à des groupes qui se partageront le travail à tous ses stades , et bientôt les profits. Cela créée déjà un esprit de coopérative et des besoins nouveaux se font jour. Des parcelles sont mises en culture pour la nourriture des « TILAPIAS » et les excédents non consommés par les poissons seront répartis ou vendus.
Le projet auquel elle avait consacré beaucoup de temps et d’énergie,avant ses vacances, la réouverture d’une voie de circulation de plusieurs dizaines de kilomètres ( 137 Km de KIOMI à POLE-POLE), dans une région que la guerre avait coupé du reste du monde,et qui vit dans une désespérante indigence, a démarré sur les chapeaux de roues. Dès son arrivée à KINSHASA , en Janvier , elle a fait les achats nécessaires au démarrage du chantier , quincaillerie et outillages spécifiques ,Huiles et Carburants etc. elle les a fait charger sur la barge de CARITAS ,qui devaitles transporter par la voie fluviale jusqu’à LODJA.La barge de transport est arrivée à LODJA début MAI , 3 mois pour parcourir 2000KM.
Ce projetinitié par rapport au chantier du Pont de SCHILO commencé et terminé à l’Eté 2007,comporte le désenclavement de plusieurs villages par le débroussaillage ou la déforestation de sentes inutilisées et devenues inutilisables,, le lancement de ponts de franchissement de ruisseaux et rivières. Une ONG américaine a fourni les moyens financiers de sa réalisation. A de nombreuses reprises , elle s’est donc rendue sur le parcours de son chantier pour conclure avec les autorités traditionnelles locales des « contrats » de mise à disposition d’ouvriers et de formation ,ainsi que la fourniture des grumes de bois destinées à être débitées en planches et madriers pour la construction des douze ponts prévus . Ses talents de négociatrice se sont paraît-il révélés redoutables ,tous les acteurs du chantiers bénéficieront pour la première fois depuis très longtemps (plusieurs années ,voire dizaines d’années ) d’une paye qui leur permettra d’acheterenfin des produits dont ils étaient jusque là privés (savon, ustensiles de ménage ou de cuisine etc..). Elle est impressionnée par le dynamismeet la volonté d’évoluer de jeunes « Chefs » dont certains directement issus des rangs des ex-rebelles Maï Maï, qui ont décidé de se reconvertir et de miser sur la paix garante d’un avenir meilleur.
La progression du chantier s’accompagnera d’actions « vertueuses » de soins , d’éducation , de distribution d’outils et de semences. Martine échaffaude aussi des projets qui seront mis en œuvre tout au long du chantier , elle pense déjà à la création d’étangs de pisciculture sur le modèledes « étangs rotary », à la création d’ équipes de mamans sentinelles et d’abris pour les anciens. Ce Chantier est une chance pour la Région , car il ouvre la voie à un grand nombre d’interventions jusque là interdites qui permettront aux villageois de voir arriver un petit peu des progrès dont ils ont été exclus depuis si longtemps .
Une première pour Martine , une fillette de l’Orphelinat de Lubefu « Simone » a bénéficié d’une procédure d’adoption de la part d’un citoyen Américain , elle a été confiée à Martine pendant un petit mois pour recevoir à ses côtés un minimum de formation sur la conduite à tenir dans une famille occidentale. Le plus difficile sera de manger son riz avec une fourchette, et sans le renverser sur la table . Elle a été adorable , Martine l’a conduite de Lubefu à Lodja ,puis à KINSHASA , où elle doit être confiée à sa nouvelle famille début JUIN .
Une personnalité locale , qui a beaucoup aidé l’Association, Adolphe ONOSSUMBA député de LODJA , a fait l’objet d’une agression à KINSHASA, touché par plusieurs balles de pistolet mitrailleur , il a été conduit dans un hôpital Sud Africain. Ses jours ne sont plus en danger.
Enfin et nous le gardions pour la bonne bouche ; une grande nouvelle est venue confirmer que l’action de l’Association ONA ELE ONAa su intéresser nos plus hautes instances …………….Dans le cadre de son opération « Ces femmes qui font le Var »,l’Association Var Dialogue a signalé à la Préfecture du VAR , la mission de Martine dans un pays du tiers monde auprès d’ enfants orphelins et déshérités ; son engagement désintéressé a été distingué , et un décret a été pris le 16 Mai la nommant Chevalier dans l’Ordre National du Mérite ,cette haute distinction devrait lui être remise le 14 Juillet à l’Ambassade de France à KINSHASA .
BRAVO à MARTINE pour tout ce qu’elle fait , MERCI aussi à vous tous , Parents , amis , Associations et Clubs services de la Région , élèves et enseignants d’ écoles Varoises , qui la soutenez sans défaillance depuis bientôt 4 ans. Cette récompense est aussi la votre. MERCI .
AMITIES CORDIALES DE MARTINE
Hier, en 2008, au Sankuru.
C’est fou comme la moto est un engin formidable ! Je pensais que les inventeurs fous seulement possédaient des machines très compliquées qui leur permettaient de voyager dans le temps.
Je viens de faire un tel voyage durant 3 jours à l’intérieur même du Sankuru, dans le Territoire de Katako Kombe.
Nous avons, avec notre équipe, quitté Katako-Kombe vers 8h30 en direction du nord, vers la grande forêt équatoriale.Jusqu’à Kiomi la forêt est de plus en plus dense mais nous connaissons la route. La population des villages que nous traversons nous reconnaît. Elle sait que nous allons commencer dans quelques semaines des travaux importants pour l’ouverture de l’axe humanitaire.
Quand je suis venue pour la première fois à Kiomi en janvier 2006 pour les évaluations, les jeunes n’y avaient jamais vu de femme blanche. Les regards curieux, les sourires sous cape, et les mains tendues pour toucher mes cheveux ou ma peau m’avaient étonnée et amusée.
J’ai vécu cette expérience encore à Shilo, Ahamba di koko et Vanga Yeta après le lancement du pont « ONa ele ONa ».
Cette fois-ci, nous dépassons Kiomi en direction des peuples Bambole et Balanga. Nous nous enfonçons profondément dans la forêt, vers le bout du monde. L’axe de 125 km vers la grande rivière Lomami est fermé à toute circulation motorisée depuis l’indépendance. Les différentes guerres et rébellions qui se sont succédé ont coupé la population locale de la civilisation. Les hommes, femmes et enfants vivent dans le dénuement le plus total.
Chaque kilomètre parcouru nous semble être un pas de plus vers le passé. Nous traversons de grands villages inondés de centaines d’enfants nus qui fuient, effrayés par le bruit terrible de nos motos. Ici la terre est rouge. Le sol est argileux et ici tout est rouge. Les maisons en terre avec leur toit couvert de larges feuilles, et même les enfants qui jouent à terre ont la peau rouge brique.
Nous progressons lentement sur les sentiers forestiers. Nous devons contourner des arbres énormes couchés au sol et descendre pour pousser les motos sur des troncs d’arbres jetés sur les nombreuses rivières qui coupent notre route.
Nous croisons quelques mamans dans la forêt qui se jettentterrorisée sur les côtés à notre passage. Elles ne portent pas les paniers comme les mamans de Lodja. Ici, pas de bretelles en lianes sur les épaules, mais une lanière qui entoure leur front soutient un large panier qui pend dans le dos. Elles portent des pagnes sans plus aucune couleur et leurs pauvres pieds nus sont blessés par la végétation.
Vers 16 h, nous décidons de nous arrêter afin de chercher un endroit pour passer la nuit. Le prochain village s’appelle Yosenge. Les enfants nous accueillent en criant et les mamans entonnent des chants dans une langue que nous ne connaissons pas. Il s’agit d’un dialecte local. Après les civilités, il est temps de s’occuper de notre repas. Je me dirige avec un jeune ancien enfant soldat qui nous propose l’aide de ses « deux femmes », vers la cuisine.
Aïe, aïe, aïe ! Ici le savon est pour ainsi dire une denrée rare. Les deux gamelles que les mamans me présentent ressemblent à l’écuelle d’un vieux chien. C’est tout ce qu’il y a. Nous entreprenons une vaisselle sérieuse avec mon savon de toilette antiseptique et nous utilisons des feuilles qui grattent pour récurer. Le résultat n’est pas mal du tout ! On nous trouve une poule, du riz et quelques oignons de la taille de grains d’ail. Nous avons apporté du sel et des boîtes de concentré de tomates.Le feu est allumé et je prépare moi-même le repas avec les deux jeunes femmes. Il n’y a pas de couvercle. De largesfeuilles vertes feront l’affaire.
Il est temps de passer à table.
Nous sommes chez le chef du village. Pas d’assiettes ! On nous présente des feuilles toujours sur lesquelles nous déposons la nourriture. Pour les couverts nos doigts feront l’affaire.C’est fou en 2008, tout un village sans une assiette seulement quelques vieux gobelets !
Nous sommes dansle profond Grand Congo. Il nous semble faire un voyage dans les temps les plus reculés. Bien que quasi nus, les enfants sont bien nourris. La forêt est riche. Tout est là mais ici on vit repliés dans un monde fermé. Le matin on part en famille à la forêt chercher à manger ou faire son champs puis l’après midi on rentre préparer l’unique repas et chacun se délecte sur sa feuille. Ici, pas de radio car les piles sont trop rares. La famille se regroupe autour du feu et raconte les nouvelles du jour.
Vers 20h 00, les cases sont barricadées pour protéger les maisonnées des attaques des léopards qui rodent. L’an dernier, dans ce village un bébé a été dévoré. La maman qui travaillait son champs avait laissé son bébé à quelques mètres d’elle quand un léopard a surgit et emporté l’enfant.
Nous nous jetons sur un lit en bambous recouvert d’une natte tressée. Il faut reprendre des forces.
Le matin nous remercions les villageois de leur accueil et continuons vers le nord. 69 km au compteur après Kiomi, nous avons dépassé le grand village de Lohano et nous arrivonsà Yongima. C’est là que nous installerons notre base du centre de l’axe pour le chantier. Le chef est heureux que le choix soit porté sur son village. Il y aura une phonie et de l’activité. Il nous propose un terrain et je griffonne le plan d’une case sur une page de carnet. Dans 3 semaines la maison sera construite.
Nous rebroussons chemin car demain nous devons être à Katako.
Ce voyage de quelques dizaines de kilomètres nous a plongé dans une autre époque. Les médicaments n’existaient pas, les enfants n’allaient pas à l’école, les mamans mourraient en mettant leur bébé au monde…
Février 2008
Maman Ndowa
La CARITAS TSHUMBE :
Désenclavement, appui à l’autosuffisance et
assistance aux plus vulnérables.
Le plus grand problème du Sankuru d’où découle un taux de pauvreté et de vulnérabilité important de sa population est l’enclavement.
Tout au long des projets initiés par la Caritas Tshumbe et les autres acteurs humanitaires, le problème de logistique est un casse tête. C’est pourquoi elle s’est fixée pour objectif de participer au désenclavement.
En juillet/Août 2007 : construction des ponts Ongomadi (18 m) et Opango (8 m) sur la route de Shilo en direction de Kindu( Fonds privés France).
Mars/avril 2008 : Construction des ponts Lonya (22 m) et Loka (8 m) sur la route de Katako-Kombe à Tshumbe (Appui CRS).
1° février 2008 : Début du projet en HIMO de « réhabilitation de l’axe de 125 Km de Kiomi à Pole-Pole pour l’ouverture aux agences humanitaire » financé par le Pooled Fund dans le Territoire de Katako Kombe.
Depuis la fin de la guerre la population de cette zone n’a reçu aucune aide humanitaire et vit dans des conditions d’une vulnérabilité extrême. 5 petites écoles primaires en matériaux locaux et démunies de tout pour deux groupements de Bambole, Balanga et 24 villages, les enfants auto démobilisés des groupes rebelles May May sont en grand nombre, les femmes victimes des violences sexuelles traumatisées et stigmatisées par la guerre n’ont reçu aucune assistance, un seul centre de santé et dépourvu de matériel et de médicaments, les ménages ne sont équipés de quasi aucun ustensile de cuisine, (les repas sont pris sur de larges feuilles), etc.… l’enclavement de cet axe du à la disparition de la route ne permet pas actuellement de porter assistance à ses riverains.
C’est pourquoi, la Caritas Tshumbe est intervenu afin d’offrir une possibilité d’initiatives d’appui dans cette zone vierge de projets humanitaires.
Dans son programme d’assistance aux vulnérables, la Caritas Tshumbe développe actuellement, en partenariat avec le Rotary Club de Kinshasa un projet de création de 150 étangs de pisciculture sur le diocèse de Tshumbe. Des ONG locales reçoivent un appui pour l’achat d’outils, d’alevins et de nourriture pour alevins…
La Caritas Tshumbe réalise actuellement un projet de nutrition et de relance agricole financé par Cordaid et PNUD sur les territoires de Katako-Kombe et de Lubefu sur cinq zones de santé.
Dans le cadre de l’assistance aux orphelins du diocèse de Tshumbe, deux orphelinats sont gérés par la Caritas à Lodja et Lubefu et un réseau d’assistance aux bébés orphelins de mères a été mis en place avec l’appui des clubs Rotary de la région de Grenoble en France.
Dans les prochains mois, les travaux de construction d’un home pour personnes âgées vulnérables vont débuter à Lodja. Ce projet a été initié sur une suggestion de son Excellence le Nonce Apostolique de Kinshasa Monseigneur Giovanni d’Anielo et financé par la ConférenceEpiscopale Italienne. Il abritera 20 femmes et 10 hommes qui couleront leurs vieux jours dans la dignité et le respect du à leur grand âge.
Dans un souci de désenclavement intellectuel, la Caritas Tshumbe s’intéresse aussi à la formation de la jeunesse. C’est pourquoi grâce à un don de 10 ordinateurs et divers matériel informatiques par l’Ambassade de Pologne, elle a pu créer une école d’informatique. Depuis son ouverture il y a deux mois, déjà 50 jeunes on reçu une initiation et seront opérationnels et plus performants sur le marché du travail local vierge en personnel qualifié.
Parallèlementà ces formations, un bureau Internet est mis à disposition dans les locaux de la Caritas. Il permet aux jeunes formés et à la communauté locale de communiquer avec l’extérieur du Sankuru.
Unique point local Internet, il est aussi un outil de travail important pour les ONG oeuvrant dans notre région.
Intérieur case Axe Kiomi/Pole-PoleOrphelin présenté à Caritas LodjaEtangs Rotary/Caritas à Lodja