Dernières nouvelles, avant son départ, Martine s’est rendue dans la classe de CM2 de l’école Don Bosco de St Cyr sur Mer dans le Var, les enfants lui ont remis une petite somme, fruit de la vente de gâteaux qu’ils avaient fait. Cette somme servira à Martine pour organiser un bon et copieux repas de Noël pour les enfants des rues.
Si vous aussi, vous désirez aider Martine, rendez-vous dans la rubrique "contacts".
Repas du 1er janvier 2007
Les enfants de la classe de Cm2 de l’école primaire Don Bosco à St Cyr sur mer (France) m’avaient confié 245 euros pour organiser un grand repas pour la nouvelle année avec les enfants des rues. Nous avons lancé des appels à la radio et sur les marchés. Environ 200 enfants se sont présentés et ont mangé gratuitement. Au menu, riz, feuilles de manioc, porc, chèvre, poulets, ananas, grenadine et bonbons, Une superbe fête, tout le monde en parle. Merci aux enfants de Don Bosco pour leur grand cœur.
Bonne année à tous.

Lodja le 22 janvier 2007
Des vacances studieuses…
A peine arrivée dans sa famille française, Martine est invitée par sa famille sankuroise. Les Atetelas de Paris ont tenu à la rencontrer afin de la remercier de son travail avec la Caritas au Sankuru. Une petite conférence est organisée durant laquelle elle projettera les dernières images de leur Sankuru natal. Chacun est ému par la situation dont ils ne semblent pas connaître la réalité.
Sur le retour vers le sud de la France, Martine rend visite aux membres du Rotary Club de Lyon qui sont venu en appui sur certains projets au Sankuru.
Dès son arrivée à Toulon, Martine est invitée par les enfants de CM2 de l’école Don Bosco à St Cyr sur mer (Var) à assister à la « Pastorale des santons de Provence » pour la célébration de Noël. Cette journée sera sans doute forte en émotions car Martine rencontrera tous les enfants de l’établissement ayant participé à différentes actions comme le repas du jour de l’an pour 300 enfants des rues et vulnérables de Lodja et la construction du pont « Ona ele Ona » sur la rivière Ongomadi.
Après un Noël en famille avec ses deux filles Diane et Ariane, elle se dirige comme chaque année vers Lourdes dont elle est originaire avant de rentrer en RDC.
INAUGURATION PONT « ONA ELE ONA »
Nous attendions pour fixer la date d’inauguration du pont « ONA ELE ONA », le retour des Etats Unis dans son diocèse de Tshumbe de Monseigneur Nicolas Djomo.
Depuis un mois les gens qui circulent entre la Bas Lomami et le territoire de Lodja sont friands de commentaires. Quelle n’est pas leur surprise en arrivant à la rivière Ongomadi de trouver un pont de bois jeté fièrement devant eux : « C’est très magnifique ! » (En congolais dans le texte), « Dimena efula !» (en Otetela dans le texte).
Le vendredi 26 octobre à midi, nous arrivons à Shilo, l’équipe Caritas au grand complet afin de préparer les cérémonies du lendemain. Le technicien des ponts, Alfred et notre logisticien, papa Jules partent au pont planter le panneau que nous avons préparé. Moi, j’aide maman Antoinette Otshudi à l’organisation de l’accueil de Monseigneur Djomo.
Vers 15 h, nous partons en direction du groupement voisin de Ahamba Dikoko, chez le « chef des léopards », à 7 km, afin de nous assurer que la route est passable. Nous trouvons la population de Ahamba qui bouche les trous de la route en direction de leur village. Nous les saluons et leur annonçons l’arrivée de l’évêque pour le lendemain après-midi.
Puis nous continuons à « ouvrir » la route en coupant les branches basses et déplaçant les troncs gênant le passage. Arrivés aux petits ponts l’écartement des planches et des troncs n’est pas bon. Il faut modifier car la jeep de l’évêque est plus large que la notre : au travail !
Enfin klaxon au taquet, nous entrons dans le village. La population est au délire, 99 % des gens n’ont jamais vu de véhicule. Un enfants venu depuis peu du Maniema voisin fuit en hurlant : « Une maison roule au milieu du village ! ». En quelques minutes tout le monde est regroupé autour de notre Jeep. Des centaines de mamans de papas et d’enfants curieux nous accueillent aux cris de « Yayo, Yayo, Nsambi losaka » (Bienvenue, Seigneur merci).
Le chef nous reçoit. Une vieille maman vient me parler : « Vous nous avez sauvé. Vous ne vous imaginez pas ce que représente l’arrivée de votre jeep dans notre village. Nous étions abandonnés du monde. On nous avait oublié ! C’est le seigneur qui vous envoi nous sauver. ».
Ahamba Dikoko est un très grand village qui produit beaucoup de bananes plantins, tomates, oignons et poissons de la rivière Lomami. Les enfants y sont nus mais beaux et bien nourris. Maintenant avec la circulation, les produits de la récolte pourront être acheminés vers les centres comme Tshumbe, Lubefu et Lodja. L’argent va commencer à circuler et les enfants auront des habits, une école et un vrai centre de santé.
Nous devons à regret quitter nos amis, car nous voulons ouvrir une deuxième route après Shilo au cas ou Monseigneur Djomo voudrait s’y rendre.
Au retour, dans le passage que travaillaient les gens de Ahamba, nous faisons une pose « embourbement » de près d’une heure. La terre argileuse fraîchement retournée est trop molle.
Nous dépassons Shilo et continuons en direction des villages de Denge et Vanga Yeta.
Là, c’est pire qu’à Ahamba. Non seulement on n’a jamais vu de véhicule, mais jamais de « blanc » non plus !
Je suis l’attraction autant que la jeep ! A ma descente du véhicule, je suis recouverte de centaines de mains qui touchent ma peau et mes cheveux. On m’étouffe en criant « Yayo osungu ! » (Bienvenue la blanche !). Je suis submergée. Notre logisticien très pratique me fait asseoir sur le capot et nous commençons à rouler au pas à travers le village… Nous nous arrêtons saluer le chef et continuons sur Vanga Yeta. Là bas même scénario…
Maman Antoinette nous attend à Shilo. Nous tombons de sommeil. Après toutes ces émotions je rêve des premiers explorateurs blancs arrivés dans ces contrés reculées…
Samedi matin, c’est le branle bas de combat. Tout le monde est mobilisé. Il faut planter les rameaux de palmiers de bienvenue, décorer le pont pour saluer l’arrivée de l’évêque, tuer les pauvres cochon, chèvre et poules. Installer la grande case en réfectoire et préparer les chambres pour la délégation venant de Tshumbe.
La population s’est massée dans les villages sur les 40 kms qui séparent la bifurcation vers Kindu à la rivière Ongomadi. Tous les chefs coutumiers attendent la délégation au pont avec une partie de la population des villages les plus proches.
Monseigneur Djomo arrive vers midi. La chorale de l’église de Wembonyama a fait le déplacement avec le curé, le griot est là ainsi que les danseurs « Akamba » (dernier groupe traditionnel de la Bas Lomami).
Nous assistons à deux cérémonies parallèles.
La première, sera la coupe du ruban, la découverte du panneau inaugural et la bénédiction du pont par l’évêque au chants de la chorale catholique.
La seconde coutumière, menée par le chef Onya de Shilo au sons des Lokombes (tam-tams locaux) et des gongs traditionnels. On lance la danse des chefs pendant que des hommes accompagnés du chef portent une chèvre au centre du pont. Là ont l’égorge (avec mon couteau Laguiole : vive la France !) et le chef à laide d’un rameau de palmier asperge le pont sur toute sa longueur du sang de la pauvre bête. La chèvre est offerte à la rivière Ongomadi pour qu’elle accepte le pont et ne lui fasse pas de mal…
Puis c’est l’avancée vers le village sous les « Yayo » de la population en délire. C’est la première visite de l’évêque dans ce coin isolé de son diocèse accessible maintenant grâce au « pont ONA ELE ONA ».
Après le repas traditionnel, Monseigneur décide de partir vers Ahamba Dikoko. La pluie qui a accompagné l’heure du repas nous inquiète. Le passage où nous nous sommes embourbés la veille risque d’être compliqué. Qu’à cela ne tienne, nous tentons avec notre jeep Caritas. Il est 15 heures, nous avons encore du temps avant la nuit.
La prévision se trouve exacte. Nous nous embourbons au même endroit ! A près une demi heure de lutte dans la boue, l’évêque est décidé. La population l’attend. Il doit y aller. Le voilà soutane remontée dans les poches qui enfourche la moto cross conduite par le curé Abbé Emmanuel qui nous suivait. Les voilà partis !
Des centaines de personnes l’acclament ! C’est un triomphe ! Il a bravé la route à moto pour arriver jusqu’à eux.
Chez le chef, on lui offre les fruits de la récolte puis on lui présente une machette, une couverture, et un gobelet : « Monseigneur, pendant la guerre, les Maï-maï ont pillé et brûlé notre village. Battu notre chef et l’on laissé pour mort. Nous étions nus et désemparés. Vous nous êtes venu en aide. Voici le produit de notre récolte que nous avons pu faire grâce à vous. Voici la machette qui nous a permis de reprendre la culture de nos champs. Voici la couverture qui nous a permis de nous protéger des nuits froides et de nous aider à conserver la santé. Voici le gobelet avec lequel nous buvons l’eau de nos sources. Tout cela, Monseigneur, vous nous l’avez offert alors que nous n’avions plus rien. Du plus profond du cœur, la population de Ahamba Dikoko vous remercie. Que Dieu vous bénisse et vous accorde longue vie.» Monseigneur Nicolas Djomo est ému aux larmes. Il est bouleversé.
S’en suit de longs palabres, mais le soleil descend et il faut penser à rentrer à Shilo.
Il est 18h 30 il fait presque nuit quand la moto épiscopale nous retrouve toujours au même endroit embourbés avançant mètre par mètre péniblement. Nos avons envoyé quelqu’un au village chercher le véhicule de l’évêque avant le passage boueux. Je rentre avec lui.
Nous sommes accueillis par les Lokombe et les danses. L’équipe de la jeep nous rejoint enfin vers 19 h 30 ! Pas besoin de berceuse ce soir là.
Dimanche matin vers 8 h 30, Monseigneur Nicolas Djomo Lola dit sa première messe à Shilo en grande tenue épiscopale. Coiffé de la mitre et appuyé à sa crosse, il avance magistral au milieu des chrétiens subjugués… Les Lokombes résonnent c’est magnifique !
Après la messe, vers 10 h 30 nous quittons nos beaux pagnes pour enfiler nos tenues de brousse. Il faut rentrer à Tshumbe à environ 100 km. Comment sera la route avec la pluie de la veille… ?
Vers 15 h 00 nous arrivons enfin les oreilles encore toutes pleines des sons des tam-tams et des « Yayo ».
Voilà, mission accomplie !
Je rappelle à cette occasion, que l’intitulé de notre association « Ona ele ona » est du Otetela et signifie : Un enfant est un enfant. Tous les enfants du monde ont les mêmes droits : Education, santé, bonne alimentation, culture, protection… Ce pont permettra de leur donner accès à leurs droits.
C’est pourquoi je remercie personnellement et au nom des enfants du Sankuru avec qui je vis chaque jour, chaque personne qui a participé à aider notre association à réunir les fonds nécessaires à la construction de ce pont. C’est un simple pont bien sûr, mais c’est aussi un symbole de fraternité entre les peuples. Cette région particulièrement enclavée est complètement oubliée et pourtant des enfants y naissent chaque jour et y grandissent dans une misère que vous n’imaginez pas.
Je serai en France fin novembre et jusqu’à fin janvier. Si vous désirez me rencontrer afin que je vous présente tout ce qui a été accompli avec les fonds récoltés par « Ona ele ona » durant cette année, vous pouvez me contacter au : 04 94 87 35 78.
Encore du fond du cœur un Grand MERCI.
Martine O Congo






récapitulatif en photos des actions en 2006/2007
Réhabilitation de la pompe et du circuit d'eau (Lubefu)




construction du pont de Shilo



Assistance aux lépreux.


Assistance aux bébés orphelins.


Aide aux enfants vulnérables.


Création d'un centre de rattrapage scolaire

classe pour les enfants vulnérables.


Un pasteur prête son église pour l'école des mamans.


Des volontaires construisent la première école en rameaux


Les mamans commencent à étudier.


Les mamans remercient Martine, Caritas et le Rotary.


Opération "bol de riz " dans un établissement scolaire français, pour aider à la construction des étangs.

Merci à tous .


le pont de Shilu est :
TERMINE !!!! et oui enfin les véhicules peuvent passer sans danger ;j'ai reçu quelques photos, les voici !!!


Un grand bravo à tous ceux qui ont participés à la construction et merci aux donateurs.
Une pancarte est prévue à l'entrée du pont, Martine doit nous faire parvenir la photo.
Les premières photos du début des travaux pour le pont de Shilu !!!
Abattage des premiers arbres pour en faire des piliers servant au pont, et transport du pilier sur le chantier .



Voici une série de photos montrant les travaux, jusqu'à l'aboutissement du pont, petit commentaire de Martine, avec l'argent récolté nous avons pu faire le pont de Shilu, et un pont sur un bras de rivière juste à côté. 









Voici des nouvelles et des photos !!!!!!!!!!
Bonjour à tous,
MamAn est venu me rendre visite ! Elle résiste bien et pourtant c'est dur dur. Elle un peu vomi en visitant l'hôpital de Lubefu. C'est surtout la salle d'opération avec sa belle table couleur rouille locale et son éclairage (une boite de sardine avec de l'huile de palme) qui l'a rebutée. Mais je tiens à signaler que cet hôpital n'est pas le pire.....
Sinon les enfanst des orphelinats lui ont fait un triomphe, elle a pu vérifier que l'eau coule à Lubefu, elle assiste au début des travaux pour la construction du pont "Ona ele Ona" à Shilu et elle reçoit chez moi les bébés orphelins que nous prenons dans le réseau des mamans.
Je vous envoie quelques photos.
Merci à tous pour votre aide.
Martine O Congo
Je vais bien mais je suis fatiguée car le voyage cette fois ci a été terrible. Nous sommes partis de Lodja à 9h et sommes arrivés au pont de Shilu à 21h...! Nous nous sommes embourbés 2 fois. Il fallu creuser sous la jeep puis nous sommes tombés en panne dans la forêt vers 18h; Le gasoil était très sale il a bouché la pompe à injection. Nous avions avec nous heureusement Alfred (Notre Mac Gyver de la pompe de Lubefu) qui nous suivait en moto. Il a tout démonté et nettoyé mais à force d'essayer de démarrer la batterie était morte et nous avons du décharger la jeep de son contenu (toute la bouffe pour 2 mois des enfants de Lubefu...) et pousser la voiture en marche arrière dans la forêt en pente... A près de gros efforts elle a démarré. Nous avons rechargé et sommes repartis. 1,5 km avant le pont, un arbre en travers de la route !
Demi tour vers une petite case laissé plus avant. Nous décidons de laisser la jeep et de continuer avec la moto d'Alfred. Je pars la première vers le pont. A notre effarement le pont a été emporté par la grosse pluie de la journée. Je fais quelques photos au flash pour montrer au père Duda et nous retournons à la jeep. A notre arrivée, je trouve le père sac au dos prêt à partir. Il est étonné de me voir de retour. Il me croyais déjà à Shilu ! C'est la cata ! Bon restons calmes. Nous avons un bout de pain et deux boîtes de sardines et nous sommes 4! il reste 2 bananes ! C'est le Pérou on partage. Le petit déjeuner est loin mais nous sommes épuisés.
Nous devons prévenir le chef de Shilu de notre arrivée. Les habitants de la petite case nous informe de la possibilité d'utiliser le téléphone de brousse....??? mais oui, le tam tam ! les messages se passent la nuit car les sons s'esntendent alors de très loin.Alfred prend la moto et le voilà parti chercher le "tambourineur". Il revient déçu au bout de 20 minutes. Il est absent ! Pas de téléphone. Bon on 'sorganise pour la nuit. demain il fera jour.
Le père Duda dors devant , le boy chauffeur derrière sur les sacs de riz et Alfred et moi sur des chaises longues façon village à la belle étoile. Alfred s'endors très vite. Moi je pense à maman et à son prochain voyage ici. Elle va voir ce qu'elle va voir..... Vers minuit, je sens des insectes me piquer. 1 puis 2 puis plein ! J'allume ma torche frontale. LES FOURMIS ROUGES. Nous sommes encerclés par des milliers de fourmis ! Je hurle Alfred saute sur ses pieds et ma demande de remonter vite mes chaussettes sur le pantalon. Il m'attrape par la main et me hisse sur la galerie de la jeep. "Tu verras, là on dors bien !" "ha bon ! " Je ne suis pas contrariante. De toutes façons, dans la jeep il y a aussi plein de bêtes qui courent dans la viande boucanée. ce n'est pas mieux. Vers 3h du matin, je suis glacée et trempée par la rosée. Je me décide à rentrer dans la jeep. Je descends et toque à la vitre. Le père me fait une petite place. J'avais oublié les fourmis!
Pendant que j'étais au sol à toquer, elles sont montées sur mes pieds et elles sont entré avec moi dans la jeep ! J'ai passé 30 minuutes à toutes les tuer avant de somnoler un peu. Ici à 4h les abrutis de coq chantent. Ma nuit est finie.
On s'organise pour le petit déjeuner. On a du nnescafé, du lait en poudre et quelques biscuits. C'est royal ! J'ai mon bidon de 5 litres d'eau potable avec moi. On fait chauffer et on se raconte la nuit....!
Le chef de Shilu a été averti par des messagers que nous étions arrivés durant la nuit et nous a envoyé la pirogue.
C'est pas top ?
Nous voici à Shilu vers 11h devant un bon repas à raconter nos aventures et annoncer que "Ona ele ona et la Caritas vont faire le pont ! Tout le monde saute de joie.
Lundi matin nous reprenons la pirogue et la jeep vers Lubefu. Le voyage se passe bien. Alfred vient pour refaire les wc et les douches de l'orphelinat qui vont être connectés à l'eau de la pompe.
Le retour vers Tshumbe et Lodja se passent heureusement sans encombres...
Le prochain voyage vers Lubefu et Shilu est programmé pour le 5 juillet.....

J'ai reçu les photos, il faut les mettre au bon format, par contre je viens de recevoir le texte qui va avec, je vous fait partager mon plaisir à lire les aventures de Pierrette au Congo, texte écrit par Martine (c'est dire ) Bonne lecture, d'ici peu, les photos viendront l'agrémenter !!
Les visites de l’été :
Maman Pierrette :
C’est avec la plus grande joie que j’ai a accueilli ma maman début juillet à Lodja.
Les mamans du « Réseau solidaire des mamans » (Celles qui accueillent les bébés orphelins) lui font un triomphe accompagné par les lokombés (tam-tams locaux) !
Pierrette a la larme à l’œil….
La jeep est pratiquement chargée le lendemain. A son arrivée elle ne défait pas les valises : Départ pour Lubefu et Shilo. Les enfants de l’orphelinat attendent les vivres et le chantier du pont « Ona ele Ona » doit être mis en route ! Ici on ne rigole pas on travaille !
Départ le matin à 7 h 00 de bonne heure et de bonne humeur ! Maman Pierrette (c’est comme çà que tout le monde appelle la maman de Martine).
A peine attaque-t-on la forêt que les sensations fortes commencent… La jeep se dandine de gauche à droite, montant et descendant les fossés. Maman Pierrette est accrochée à moi et pousse des cris, menaçant de continuer à pieds ! Bon, d’accord, mais 300 km à travers savanes et forêts, c’est loin…
J’ai décidé de faire le chemin d’une seule traite avec quelques escales de repos. Au bout d’une trente, c’est le passage du bac. Maman Pierrette fait des yeux ronds : « On va passer là dessus ? » « A moins que tu ne préfères prendre la pirogue. Regarde à gauche. ». Le choix est vite fait : option bac !
Au bout de 40 minutes, c’est la crevaison. Evidemment, le pneu de secours est dégonflé et nous n’avons pas de pompe. Pas la peine de hurler sur le chauffeur çà ne sert à rien. Maman décide d’atteindre la mission de Okolo à pieds. Elle aime la marche. Le chauffeur dit que c’est à côté (méfiance). Il est 11 h 30, le soleil est haut et nous sommes à l’entrée de la savane. Au début c’est une promenade, avec Bilouise et deux des enfants de l’orphelinat de Lodja qui nous accompagnent. Plus on avance et plus nous sommes au milieu de rien. La forêt d’Okolo semble plus éloignée que prévu…
Une heure plus tard, c’est la canicule et maman commence à s’essouffler. « Hostile la nature ! ». Un vrombissement de moteur derrière nous. C’est notre ange gardien Alfred qui part à Shilo pour démarrer le pont. Il nous suivait en moto ! Il embarque maman au bord de l’épuisement et nous double pour aller chercher une pompe.
Nous arrivons à pieds à la mission où maman nous attends, grignotant un ananas servi par l’abbé. La jeep nous rejoint et nous reprenons notre périple.
Etape suivante, Owélé. Le chef est là qui attendait maman Pierrette (Voyage annoncé depuis longtemps). Nous avons droit à un bon jus d’ananas (c’est la saison) tout juste pressé. C’est un délice. Nous ne nous attardons pas car il faut arriver avant la nuit sur les petits ponts…
Cette partie de route est agréable. C’est de la savane à perte de vue. Pas de lion en vue, ni d’éléphant. On les a tous mangés….
Arrivée à Tshumbe vers 17 h 00. Dormir ici ou continuer. Maman est épuisée. Nous roulons depuis 7 h du matin et nous n’avons fait que 150 km. J’ai pitié. « On dort à Tshumbe si tu veux, mais demain, çà sera dur de reprendre la route. Je te connais. Tu ne vas pas fermer l’œil de la nuit et demain çà sera pire. » Après une minute de réflexion, c’est le départ ! « Tu as raison. En route ». Je suis admirative de son courage. Nous voilà partis. Alfred prend le volant. La route vers Wembonyama est terrible. C’est pour çà que je voulais qu’on passe avant la nuit. Nous traversons des petits de bois en rondins ou en planches au milieu des marais. Evidemment maman Pierrette descend avant chacun d’entre eux et passe à pieds. Pas question de tomber à l’eau avec la jeep ! C’est l’épouvante ! Elle est terrorisée mais la fatigue aidant, il n’y a presque plus de cris. Seulement de profonds soupirs…
Le plus dur est passé. Après le village, nous attaquons la grande savane jusqu’à Lubefu. Les têtes balances de gauche à droite et d’avant en arrière au rythme de la route. Il fait nuit noire. Pas une lumière à des dizaines de kilomètres.
Nous arrivons à Lubefu vers 21 h 00 fourbus mais vivants…
Les abbés nous attendent pour dîner. Pas question ! Maman Pierrette part au lit tout de suite.
« A demain ! »
Prochain épisode : Visite de l’orphelinat, de l’hôpital et de la turbine de la pompe à eau.







Nous rentrons avec le père Duda de Lubefu. Ce fut un voyage éclair en Noël et le jour de l’an.
Nous avons installé la lumière (panneau solaire, batterie et réglettes 12volts) cadeau des Kiwanis et des Innher Weehl de Sanary sur mer (Var) et des ballons envoyés d’Allemagne par monsieur Hippolyte Ndjadi. Les enfants étaient fous de joie !Quant à moi, j’étais aux anges. Le petit Oleko qui pleurait toujours les mains sur sa tête en me voyant depuis un an, m’a tendu enfin les bras et fait des câlins. C’est dans la poc
À PROPOS DE L’ORPHELINAT DE LUBEFU ( DIOCESE DE TSHUMBE)
Le Diocèse de Tshumbe est au cœur de la République Démocratique du Congo, entre les rivières Lomami et Sankuru, dans la province de Kasaï Oriental. Il s’étend sur une superficie de 60 000 km2 avec une population de plus d’un million d’habitants dont plus de 60 % est catholique. Par sa situation géographique, le Diocèse constitue une région enclavée. Il comporte en son sein une congrégation des sœurs de saint François d’Assise qui s’occupait d’un orphelinat à Lubefu avant les troubles politico- militaires qui avaient secoué les RD Congo. Durant de ces six dernières années, les effets négatifs de l’isolement du diocèse ont été accentués. Les infrastructures détruites, le nombre des personnes vulnérables en augmentation pendante que les moyens matériels et les assistances faisaient défaut. Pour cela, les communautés religieuses des sœurs avaient pris en charge certains des enfants orphelins selon les moyens de Bord. Le nombre de ces enfants étant en croissance et les moyens faisant défaut, l’ordinaire du lieu a pu récolter des fonds pour assister ces être humains vulnérables sous forme d’un projet d’une durée de un an (avril 2005- avril 2006) Ce programme piloté par la Caritas Diocésaine a réhabilité la maison de l’orphelinat de Lubefu.
Cette maison d’accueil est située dans la paroisse de Lubefu au chef lieu du territoire de Lubefu du côté de la rive gauche. Le bâtiment réhabilité à 90% est de 325 m2 avec une cuisine externe de 15 m2 Il a été équipé en différant meubles et ustensiles de cuisine. On y héberge actuellement 37 enfants orphelins de père, de mère ou de deux. Par mis eux nous comptons 26 enfants en âge scolaire qui fréquentent les 2 écoles primaires de la place, 4 enfants bébés dont l’âge varie entre 2-12 mois et 7 enfants de 1-5 ans non encore scolarisés.
Ils sont tous logés convenablement, nourris, habillés, soignés et scolarisés. Les cahiers des enfants scolarisés sont chaque soir contrôlé par les mamans surveillantes. Le personnel affecté à ce travail compte 12 personnes y comprit la sœur maîtresse de la maison.
La gestion quotidienne de la maison est assurée par la communauté des sœurs de la paroisse de Lubefu pendant que le suivi du projet est assuré par la Caritas Diocésaine.
Le transport des vivres et des non-vivress vers Lubefu est difficile par manque de moyen de déplacement autonome. Lubefu se trouve à 150 km de Tshumbe et à 300 km de Lodja qui sont les grands centres de ravitaillement pour Lubefu.
Une cuisine externe a été aménagée et fonctionne merveilleusement et la parcelle sécurisée par une clôture et un portail.